1870-1871 : Le Jardin extraordinaire dans les tourments de la guerre

1870-1871 : Le Jardin extraordinaire dans les tourments de la guerre

La guerre de 1870 avec la Prusse brise l’envolée du Jardin d’Acclimatation et interrompt les amusements oisifs des parisiens. Entièrement assiégée par les armées ennemies, la capitale subit pendant 135 jours la coupure des lignes télégraphiques. Les animaux les plus précieux, préservés dans des parcs zoologiques de province, cèdent leur place aux bestiaux - (30 000 boeufs et 180 000 moutons) - destinés à nourrir les parisiens. Mais la durée du siège et le froid polaire provoquent une terrible famine.
En décembre 1870, faute d’aliments ordinaires, on se résout à sacrifier les quelques animaux exotiques encore présents au Jardin d’Acclimatation. Et c’est ainsi que les menus de la Saint-Sylvestre rivalisent de bizarreries et d’extravagance avec des cornes excentriques ou des rognons de chameau.
Le siège de Paris démontre la vaillance et l’utilité des pigeons voyageurs comme moyen de communication. Dix jours avant le siège, le préfet du Nord prend la précaution d’expédier au Jardin d’Acclimatation 1 500 pigeons voyageurs, pour qu’ils rapportent à leur point de départ des informations sur la situation dans la capitale. Certains d’entre eux parviennent à transporter les premiers microfilms, un procédé inventé par le photographe René Dragon (1813-1900). Également appelés pigeongrammes, des photographies miniaturisées contenant 3 000 messages. Le Jardin d’Acclimatation, encore meurtri, est reconnu « établissement public».
Loin des guerres, le Jardin d’Acclimatation accueille aujourd’hui de très nombreux visiteurs étrangers, Européens naturellement, mais également Asiatiques autour du Jardin de Séoul et de la Maison de Thé et, plus récemment, Anglo-Saxons. Plus de 300 animaux vivent aujourd’hui au Jardin d’Acclimatation : lamas, aurochs, daims, chèvres du Rove, ara bleu, canards pompons qui ne sont pas prêts de finir dans une assiette.